Quand il ne nous restait plus rien
A partager pour le souper
Un bol d’eau chaude suffisait bien
Une pomme de terre et un navet

Quand Noël passait sans jouets
Demeurait l’imagination
Surtout ne jamais réclamer
Juste inventer mes évasions

Exister sans voix
Peut aider à sceller l’oubli
J’ai mis une croix
Sur certaines parties de ma vie

Tu voudrais tout savoir
Parce que l’on s’est aimé
Tu as tort d’aiguiser le passé

Quand mon père me rouait de coups
Qu’il retirait son ceinturon
Quand nul ne venait plus chez nous
Condamnés dans notre maison

Quand au collège tous les gamins
Faisaient de moi leur défouloir
Parfois tu me donnais la main
Tu me souriais dans le couloir

Exister sans voix
Peut aider à sceller l’oubli
J’ai mis une croix
Sur certaines parties de ma vie

Tu voudrais tout savoir
Parce que l’on s’est aimé
Tu as tort d’aiguiser le passé

Quand un jour tu m’as fait l’amour
Tous les nuages ont disparu
Ma vie a pris un grand détour
Et ce un peu au dépourvu

Quand j’ai reçu votre faire-part
Plus tard, c’est vrai que j’ai pleuré
Mais j’ai encore gardé l’espoir
Tu ne m’avais pas oubliée…

Tu voudrais tout savoir
Parce que l’on s’est aimé
Tu as tort d’aiguiser le passé

Paroles : Eric GRÜNENWALD (Mac Hoochie Plane)
Musique|Chant  : Nicolas RUGOLO
Enregistrement : Home studio
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Rating: 9.8/10 (9 votes cast)
Une croix, 9.8 out of 10 based on 9 ratings

4 thoughts on “Une croix

  1. Maaaaac… tu aurais pu offrir un petit pont pour corser et relancer le truc. Bon, ça c’est fait!

    Un texte “tripal” qui m’envoie (avec un peu plus de verve ici) vers des “bagad de lanbihoué” concernant le fond. Il y a aussi le parti-pris opportun de déplier un éventail de vie tout en maintenant le centre de gravité du texte. J’aime beaucoup l’idée de partir d’une formulation “inspirante” (elles sont toujours dérobées de toute façon même si elles semblent sortir de soi). L’aspect “direct” change un peu, entre une certaine urgence et l’audace de ne pas emmitoufler le propos. Le “pathos” utilisé est peut-être un peu suranné mais ce texte me parle par ricochet et je me l’approprie sans vergogne… je l’aime comme j’aime cette part d’ombre jalouse qui fait les artistes… et les autres sans doute.

    La zic à Nic… Un peu “dur d’être un héros” à l’intro… et puis ce rock en pleins et en déliés scellé par une mélodie directe, élaguant les fioritures. En fait… je suis un peu (beaucoup passionnément) envieux car j’attendais (j’espérais) voir (entendre) Nicolas sur ce terrain… avec le doux et fourbe espoir qu’un jour mes mots l’y conduiraient. J’avais oublié cet empêcheur de tourner en rond, cet inclassable iconoclaste qu’est Mac… et mon affection ne peut que s’en réjouir… Bravo à tous les deux!

    1. Jean, précieux Jean…

      D’abord merci pour tes commentaires sincères, précis et complets. Quelle joie de découvrir tes ressentis et leur expression si unique. Qui manquent souvent, par ailleurs. Tu as oublié ta langue de bois et tes oreilles de plomb au vestiaire ! Merci.

      Ensuite, pour le pont, tu as raison. C’est le problème de la distance physique et des délais de réaction entre l’auteur et le compo-interprète. Nous avons déjà passé quelque temps à échanger pour des modifs mineures et il en aurait fallu encore davantage sûrement pour aller au bout des idées. Malheureusement – mais surtout heureusement – la satisfaction de voir éclore rapidement une œuvre présentable prend la pas sur la réflexion critique : là se trouve peut-être le secret d’une dynamique créatrice motivante.

      Merci, Fun !

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